Je voudrais bien ne pas être pessimiste … A Pharmagora, au débat Porphyre intitulé «Préparation, chronique d’une mort annoncée », j’ai essayé de trouver des raisons d’espérer. Les intervenants qui s’exprimaient, titulaires de pharmacies sous-traitantes ou spécialisées, forcément, croient en l’avenir de la préparation. Et même en sa diversification vers des domaines jusque là inédits à l’officine : préparation de chimiothérapies anticancéreuses, de nutrition entérale ou conditionnement des médicaments à l’unité. Mais à voir le public clairsemé venu nous écouter, je me demande combien de pharmacies en France sont encore intéressées par la préparation !

 

Sur le salon, les titulaires qui ont gentiment répondu à mon micro-trottoir l’avouaient sans façon. Les préparations, il n’en font quasiment plus alors le texte sur les Bonnes Pratiques des Préparations paru fin décembre 2007 leur passe au-dessus de la tête. S’il leur arrive d’avoir une prescription d’un dermatologue, ils font appel à une pharmacie sous-traitante.

 

Dans la pharmacie de Bernadette, préparatrice, on ne fait pas plus d’une préparation par semaine. « Je la laisse faire à l’apprentie, il faut bien qu’elle apprenne, dit-elle avec une pointe de regret. En plus, l’art de la préparation se perd. Quand on a juste le contenu de deux tubes à mélanger, peut-on encore parler de préparation ? » Et, là, j’ai vu dans les yeux de mon interlocutrice, la nostalgie. Elle m’a confié sa chance d’avoir travaillé, les premières années, aux côtés d’un préparateur émérite, qui savait ce que « tour de main » veut dire.

 

A un moment où le médicament conseil passe devant le comptoir, les pharmaciens ne devraient-ils pas défendre becs et ongles leurs spécificités ? Ou les réinvestir ?

 

Comparativement aux spécialités des laboratoires, la préparation est un produit sur-mesure. Dans certains domaines, les médecins ne s’y trompent pas en dermatologie et en pédiatrie. «Mais elle peut rendre des services énormes dans pratiquement toutes les indications… » insiste Philippe Minighetti, titulaire de la pharmacie provençale à Arles. Et de citer la liqueur d’Hoffman contre l’herpès labial, le shampooing anti-poux, une pommade contre les rougeurs des bébés et même une solution en cas de hernie discale. « Mais surtout, continue-t-il, ce qui est important, c’est notre rôle de conseil. Si une personne se présente disant qu’elle a des problèmes de sommeil, je vais l’interroger de façon à savoir si ce symptôme ne cache une pathologie puis pour lui proposer la préparation la plus adéquate selon son état de stress ou de fatigue. »

 

Alors que va devenir la préparation : l’affaire de quelques irréductibles et d’une trentaine de sous-traitants ? On pourrait imaginer que les pharmacies sous-traitantes se frottent les mains… Et bien non. « Si la préparation disparaît des officines, cela n’est bon pour nous les sous-traitants, souligne Fabien Bruno de la pharmacie Delpech à Paris. Il y aura forcément des officinaux qui répondront à leur client, je n’en fais plus et c’est trop compliqué de la faire faire, de fil en aiguille, les médecins arrêteront d’en prescrire. »
 

 

A jeudi.
 



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Posté par Claire ManicotEcrire un commentaire

Vous rappelez-vous, il y a un mois, je vous parlais déjà du débat porphyre prévu à Pharmagora, le salon de référence de la pharmacie. Et bien c’est pour ce week-end, samedi 29 mars à 17 H, Paris, Porte de Versailles, sur le plateau télé…

 

Plateau télé, ça veut dire qu’on se la joue star : maquillage avant passage sur le plateau, éclairage éblouissant, jingle pour lancer le sujet, débat filmé et retransmis en simultané sur des écrans en différents points du salon, et possibilité de projeter sur grand écran un film ou des images… Alors donc, le débat que j’anime s’intitule «préparation, chronique d’une mort annoncée ».

 

Tous les intervenants (ils seront cinq pharmaciens) que j’ai sollicités sont unanimes, « madame Manicot, vous exagérez »… Forcément, ce sont des mordus. Il y a des titulaires de pharmacies sous-traitantes qui font des centaines de préparations par jour, ou des titulaires de pharmacies spécialisées qui se sont fait un nom grâce à leurs préparations.

 

Quand même, c’est la conclusion de notre enquête de Porphyre datée d’avril, la préparation est délaissée par un nombre de plus en plus grand d’officines (3000 n’en font plus du tout), découragées peut-être par les normes draconiennes en terme de sécurité et de qualité imposées par les BPP (bonnes pratiques des préparations) parues fin 2007. Pour quelques préparations par semaine, difficile et coûteux de se mettre aux normes.

 

Mais surtout, ce qui explique la raréfaction des préparations, c’est la suprématie des spécialités, le déclin des prescriptions de la part des médecins et depuis février 2007, le flou artistique qui règne sur les préparations officinales. Si l’on s’en tient à une interprétation stricte des textes, les pharmaciens n’auraient plus le droit de proposer des mélanges de plantes, des gélules et autres pommades qui ne figurent pas au formulaire national.

 

Si la tendance se confirme, le mortier, le pilon seront bientôt relégués dans les musées… ô je sais, alors que vous êtes plutôt d’accord avec moi, vous ne supportez pas qu’on touche à votre préparation, l’acte fondateur de votre métier… Rien que l’intitulé de mon débat « préparation, chronique d’une mort annoncée » a fait réagir pharmaciens et préparateurs. Je suis persuadée toutefois que la question mérite d’être posée. Qui sait ? Votre conviction et votre mobilisation pourraient inverser la tendance. Et imaginer une renaissance de la préparation.

 

A lundi

 

PS : D’ici là, je serai ravie de vous rencontrer sur Pharmagora : - le samedi 29 mars : rencontre sur le stand des rédactions stand P51-P59 (14H à 16H), débat sur les préparations (17H-17H40) et présentation de Porphyre à 18H sur le plateau télé, - le dimanche 30 mars : rencontre sur le stand des rédactions stand P51-P59 (11H à 13H).



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Posté par Claire ManicotEcrire un commentaire

 

« Taille moi les hanches à la hache, j’ai trop mangé de chocolat » (1).

Avez-vous respecté à la tradition ? Moi, je n’y ai pas dérogé, de bon matin, je suis allée cacher les œufs couverts de papiers multicolores, ici sous une tuile, là derrière un pot de fleurs, les doigts engourdis par le froid.

 

 A l’instant, je me dis, il me faut de la documentation sur les vertus du chocolat. Et de taper « chocolat » sur google.fr, et devinez quoi, je tombe sur un texte publié sur le site de l’ordre des pharmaciens. Formidable. Non je ne suis pas hors sujet et en plus, j’ai une source fiable.
Il s’agit d’un texte daté de 2001 intitulé « le chocolat remède à tous les maux… y compris ceux des pays producteurs » (2). L’auteur est Jean-Pierre Bensaïd, consul honoraire des îles Sao Tomé et Principe. Ce petit état africain situé à 300 kilomètres des côtes du Gabon, était le principal producteur mondial de cacao en 1913 avec 36 000 tonnes et on l’a baptisé l’île chocolat. La production de cacao y est désormais dérisoire (4000 tonnes) alors que la production mondiale atteint, en 2008, près de 4 millions de tonnes.

 

« Qu’en est-il aujourd’hui de la situation des petits planteurs des îles de Sao Tomé et Principe ? s’interroge Jean-Pierre Bensaïd. La décence voudrait que les personnes qui travaillent dans les plantations puissent envoyer leurs enfants à l’école, accéder aux soins et à la santé, et avoir des conditions de vies correctes. Or ils vivent dans la misère et dans des conditions indignes pour des êtres humains du XXIème siècle ».

 

« Le cacao de Sao Tomé est utilisé pour faire des assemblages. Effectivement les chocolats pour 95% à 98% sont constitués par des assemblages de cacaos de différentes origines. » Impossible de savoir ce que l’on croque. Les industriels qui détiennent 80% du marché mondial assurent que c’est le seul moyen d’avoir du bon chocolat, mais, continue le consul, « 75 à 80% du cacao ne sert pas à faire du chocolat en tablettes : il est utilisé dans l’agroalimentaire pour produire des confiseries chocolatées. Cette stratégie des assemblages de cacao d’origines multiples permet de faire jouer la concurrence dans une économie de marché international, avec des prix plus à la baisse qu’à la hausse, au détriment des pays producteurs comme Sao Tomé et Principe… ».

 

Le pire était à venir… l’autorisation en 2003 de remplacer 5% de cacao par des matières grasses végétales (illipé, huile de palme, sa, karité, kogum gurgi, noyau de mangue) aux prix bien inférieurs. Au détriment des petits producteurs et de la santé publique… Pas bon pour les hanches.

 

Ouf ! Cette année, j’ai acheté mes œufs chez un pâtissier chocolatier. Je dois le dire, je l’ai fait plus par goût… que par motivation humanitaire. J’achète moins mais meilleur. Mais, après avoir écrit ce billet, une question me taraude : il n’y avait pas d’étiquette (obligatoire) sur mes petits sachets d’œufs ! Y avait-il ou non des ajouts de matière grasse dans mon chocolat ? Demain j’appelle mon pâtissier.

 

A jeudi.

 

 

(1) extrait de la chanson « La femmes chocolat », d’Olivia Ruiz
(2) www.ordre.pharmacien.fr, documents de référence, histoire et art pharmaceutique.

 

 



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Un soir de bouclage, épuisée, lessivée, l’inspiration je suis allée la chercher dans les racines de Porphyre. J’ai attrapé le volume relié qui trône sur mon étagère, au côté d’un classeur, d’une photo, de cartes de vœux et de mon agrafeuse. Et j’ai lu le numéro 1, un trimestriel, daté de janvier, février et mars 1950.

 

Couverture sobre, texte en noir et blanc, pas de photos. Mais des publicités ! Et là je me suis régalée avec « les spécialités confraternelles du Dr Guyot », « les pansements Prima réputés bien placés », « le Parfait Muscat, la boisson hygiénique, agréable et économique » ou encore la « Glandimbine Lafran pour l’impuissance sénile et précoce ».

 

Un autre jour de bouclage, c’est promis, je vous proposerai sur un plateau l’article de F. Drouet de la Thibauderie, inspecteur Principal des Pharmacies. Il explique notamment pourquoi la rédaction a choisi le titre de son journal et ses objectifs. « L’ambition du Porphyre est de broyer, de pulvériser finement les difficultés qui peuvent arrêter ses lecteurs dans l’absorption de leurs programmes d’examen. »

 

Clairement, les 24 pages de ce porphyre-là s’adresse aux élèves avec la publication de cours-conférence. Sur les termes médicaux utilisés en pharmacie, j’ai trouvé la définition et l’étymologie de classes médicamenteuses. Citons les plus surannés… les fébrifuges (du latin fébris-fièvre et fugare-fuir), destinés à chasser la fièvre et les rubéfiants (du latin ruber-rouge et facere-faire) qui, sur la peau, provoquent la congestion des tissus. Je ne suis ni pharmacienne ni préparatrice en pharmacie, mais il me semble qu’on parle plus d’antipyrétiques que de fébrifuges aujourd’hui. Et de rubéfiants, je ne connais que la moutarde utilisée en cataplasme…

 

A côté des articles très formels des cours, j’ai trouvé, dans ce numéro 1 de Porphyre, une page humoristique sur les coulisses des examens. Extrait : « La préparation du glycérolé d’amidon fut fatale à plusieurs et les capsules en porcelaine payèrent un lourd tribut à cette préparation cependant facile. Il y eut des coups de feu et de la casse… et le candidat qui, galamment, a passé une capsule toute neuve à sa trépidante voisine, n’eut comme consolation que d’en ramasser les morceaux. Moralité : chacun pour soi, d’autant plus que le glycérolé fut magnifiquement raté. »

 

Pour clore ce voyage dans le temps, je vous parlerai de la page signée d’un pseudonyme « PAPA 15 » (E. Hoorens, secrétaire des cours de la Charente), qui narre avec humour et emphase, les aventures de Victor qui rêve de manipuler « les bocaux de formes bizarres remplis de liquides aux couleurs éclatantes ». Quand il apprend que Monsieur le Pharmacien cherche un petit garçon de courses, « dès le lendemain, bien lavé, bien peigné, et portant le veston des dimanches, il fut présenté par sa mère ; sa mine délurée et malgré tout un peu empruntée plut et l’accord fut conclu. »

 

A lundi



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Posté par Claire ManicotEcrire un commentaire

Le menuisier travaille le bois, l’informaticien des logiciels, le comptable des chiffres. Votre matière première à vous, c’est l’humain, comme le médecin, l’infirmière, le kiné…

 

Ces dizaines de clients que vous servez sans relâche au comptoir, rendent votre travail gratifiant. Bien sûr il y a les grincheux qui refusent le moindre générique, les suffisants qui ne veulent pas de votre conseil ou les indifférents… Mais il y a tous les autres, malades ou bien portants, qui trouvent réponses à leurs attentes. Vous leur donnez le conseil pour soigner un rhume, vous leur rappelez une interaction avec un traitement, vous leur expliquez qu’il faut prendre tel médicament en dehors du repas et éviter le jus de pamplemousse avec celui-ci, vous écoutez leurs plaintes et leurs maux.

 

L’écoute, c’est le mot clé. Plus qu’une ordonnance ou un produit, le client cherche d’abord auprès de vous une oreille attentive. Il vous confie ses tracas quotidiens : les problèmes scolaires d’un enfant, la dépression du conjoint, la grosseur dans l’aine qui inquiète. Et puis, parfois, c’est la décharge. Il vous balance ses émotions sur le comptoir : annonce d’un décès, diagnostic de cancer ou de maladie dégénérative… Et ça fait ricochet, vous vous prenez son angoisse en plein visage. Là ça dépend. Parfois c’est trop, vous êtes submergé, vous faites bonne figure parce que vous êtes professionnel mais vous priez pour qu’il parte et vous vous empressez, dès que vous avez une minute, d’aller rejoindre votre collègue qui déballe les commandes dans la réserve pour déverser à votre tour cette angoisse…

 

Parfois, vous vous voudriez rassurer, réconforter votre client. Mais les mots sont souvent maladroits, trop prudents ou trop brusques. D’ailleurs lui, votre client ne recherche ni commentaire ni conseil. Même pas votre compassion. Il a besoin de votre attention. Discrète, intense et silencieuse. Pour atténuer, un instant, la solitude de sa peine.

 

A jeudi



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C’est quelqu’un qui m’a dit, que Juju pleure jamais, qu’elle garde ses larmes pour arroser son jardin, que c’est même pas la peine de lui offrir des roses, que même si elle se pique, elle se mordra la lèvre mais pas une larme ne perlera, que c’est même pas la peine de lui chanter sur l’air « dis moi Juliette, pourquoi tu t’es cassée»… Il y a quelqu’un qui m’a dit que le temps qui glisse est un salaud, que de nos tristesses il s’en fait des manteaux et pourtant c’est quelqu’un qui m’a dit qu’elle nous aimait encore…

 

Sur les petites rédactions de la pharmacie de Wolters Kluwer, planait aujourd’hui, une émotion camouflée sous les rires et les blagues tordues. Nous avons chanté le départ de deux collègues, Juliette et Odile pour ne pas nous laisser envahir par la nostalgie. Autour de plateaux repas gagnés par ma collègue rédactrice en chef Anne Vernes (Pharmacien Manager) pour un déjeuner commun…

 

Comment faites-vous à l’officine ? Est-ce que vous fêtez vos anniversaires, les départs ? J’ai toujours trouvé particulièrement étriquées les arrières boutiques, impossible d’y trouver la place pour une cafetière et encore moins pour une salle de réunion. Et puis un apéritif au milieu du préparatoire c’est pas recommandé. Alors, la solution pour vous est peut-être la soirée restau qui a l’avantage de pouvoir réunir l’équipe au complet…

 

Voir un collègue partir, c’est parfois un épisode sensible… C’est la perte d’une complicité et la douleur de voir s’effacer des souvenirs car il n’y a plus personne pour les partager. L’un part, l’autre reste… Où est le bon choix ? Partir c’est prendre un risque mais c’est aussi aller vers de nouvelles découvertes. Rester, c’est savoir entretenir le plaisir de travailler pendant des années, avec les mêmes gens, dans les mêmes locaux. Et suivre l’évolution de la vie d’un quartier ou d’un village, connaître la vie intime de ses clients.

 

A lundi



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Cadeau de la journée de la femme, le 8 mars dernier : le lancement d’un site sur le préservatif féminin. Certes. Il fallait y penser. Plus original que des fleurs. Plus utile. Et très féminin, c’est incontestable.

 

Le préservatif féminin arrivé sur le marché français en 1998, n’a pas encore rencontré l’engouement qu’il mérite sans aucun doute… Dix ans après, l’association Sida Info Service (1) entend inverser la tendance. Pour faire sa promotion, elle lance un site internet avec le soutien de l’INPES (institut national de prévention et d’éducation pour la santé).

 

Voilà donc qu’après mon éloge de l’anneau vaginal contraceptif Nuvaring (post du 28 février), je vais vous décrire en long, en large et en travers, un autre moyen de contraception peu connu et encore peu utilisé.

Il s’agit d’une gaine en polyuérathane (1ère génération) ou nitrile (2ème génération) de 17 centimètres de long sur 8 centimètres de large qui comporte deux anneaux. L’anneau interne sert à insérer le préservatif et va s’appliquer au fond du vagin, l’anneau externe couvre les lèvres et l’ouverture du vagin.

 

Même quand on a l’esprit large (si si c’est mon cas), on se dit mais pourquoi avoir imaginer ce dispositif ? N’avons-nous pas de superbes capotes à disposition petite et grande taille, parfumées, avec réservoir ou sans ? Pourquoi ne laissons-nous pas le préservatif à ces messieurs ? Est-ce la dernière cause à défendre en matière d’égalité ?

 

Petit saut dans l’histoire de l’humanité. Le préservatif féminin n’est pas une invention récente. On en parle dans l’antiquité, au XVIème siècle et,  il « fait l’objet au début du vingtième siècle d’une promotion en France, en Angleterre et aux Etats-Unis par les néo-malthusiens pour favoriser la limitation des naissances. » On parle alors « de préservatif pour dame en feuille anglaise extra et à bourrelet pneumatique ».

 

Argument numéro 1 : nos mères de l’antiquité l’ont utilisé, pourquoi pas nous ?

Argument numéro 2… Plus on a le choix de moyens contraceptifs, plus on évitera le recours aux interruptions volontaires de grossesse (plus de 200 000 IVG par an en France). L’idée : opter pour un moyen de protection en fonction des besoins et des circonstances.

 

Argument numéro 3. Certains hommes refusent le port du préservatif masculin… Et, en cas de risque de contamination infectieux (sida, cytomégalovirus, herpès, hépatite B), le préservatif féminin permet à la femme de se protéger et d’en assumer l’initiative.

 

Argument numéro 4. Il permet une alternance de l’usage de préservatif masculin/féminin dans les couples en général et en particulier dans les couples où l’un des partenaires est atteint d’une infection sexuellement transmissible.

 

Arguments autres. Allez faire un tour sur le site qui a déniché bien d’autres avantages : la possibilité d’utiliser n’importe quel lubrifiant, la douceur au toucher, l’excitation éventuelle du clitoris par la collerette extérieure… Ceci-dit, le site liste également les inconvénients qu’on peut lui trouver : son coût (2), la pose qui nécessite un peu d’apprentissage, sa taille, la nécessité de contrôler son maintien en place en cas de pratiques sportives…

 

Alors, reste qu’il faut le référencer pour que les clientes puissent le trouver dans vos pharmacies. Et lui réserver une bonne place dans vos rayons.

 

A jeudi

 

(1) 0 800 840 800 Sida Info service 24H/24, confidentiel, anonyme et gratuit, www.sida-info-service.org

(2) prix libre de 6 à 9 euros a boîte de 3 et –à prix coûtant dans les officines adhérentes Croix verte et ruban rouge.



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Posté par Claire ManicotEcrire un commentaire

Avez-vous vu le visage défiguré de Chantal Sebire, 52 ans, atteinte d’une maladie orpheline (200 cas dans le monde en vingt ans) et incurable, l’esthesioneuroblastome, une tumeur évolutive des sinus et de la cavité nasale ?

 

Cette dame, professeur des écoles, mère de trois enfants, après huit ans de maladie, est au bout du rouleau… Elle a perdu le goût, l’odorat, ses yeux sont exorbités mais le pire est la douleur qui la harcèle chaque jour. « Des coups d’aiguille qui rentrent dans l’œil », dit-elle. Les antalgiques ne la calment pas (elle est allergique à la morphine) et elle refuse de prendre des sédatifs pour « ne pas être mise dans un état second ».

 

Chantal Sebire voudrait pouvoir mourir dignement entourée des siens et bénéficier de l’euthanasie. Elle a lancé un appel aux médias pour faire évoluer la loi sur le droit des malades et a même adressé une lettre au président de la République, accompagnée d’une vidéo tournée par FR3 Bourgogne. Toutefois, il semblerait qu’elle ait déjà pris des dispositions pour gagner la Suisse qui autorise le suicide assisté.

 

Nous ne le savons certaines douleurs résistent à tout traitement. Alors, oui, peut-être faut-il réfléchir à adapter la loi Leonetti du 22 avril 2005 sur les droits du malade en fin de vie… Autoriser l’euthanasie (elle est légale en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg), pourquoi pas ? Tout en mettant en place des garde-fous.

 

Les partisans des soins palliatifs diront que tout n’a pas été mis en œuvre pour soulager la dame dont nous parlons. A voir. Il y a parfois un fossé entre les moyens existants pour traiter la douleur et les moyens mis en œuvre.

 

J’entendais encore une personne récemment qui confiait avoir mal, suite à une intervention, presque en s’excusant… Elle ne voulait pas embêter le médecin avec ça.

J’ai vu aussi une infirmière refuser de mettre de la crème Emla sur une veine d’enfant parce qu’il faudrait attendre ensuite pour piquer…

J’ai vu un médecin refuser de donner un antalgique puissant… Votre douleur n’est pas si forte !

 

Ces attitudes face à la douleur ne devraient plus exister. Et pourtant. Quant à l’accompagnement de fin de vie, il y a beaucoup à dire. Certes, il existe des services de soins palliatifs mais leur nombre est ridicule, une trentaine pour toute la France. Ceci-dit, l’accompagnement du mourrant n’est pas la chasse gardée de services spécialisés.

 

On meurt très souvent à l’hôpital, mais plus souvent dans un service lambda que dans un service de soins palliatifs. Le soulagement de la souffrance, psychique et physique, y est inégal en fonction de l’investissement des équipes soignantes, des familles, de l’entourage.

De leur audace aussi. Au petit bonheur, la chance.

 

Mais n’idéalisons pas le dernier souffle ! A priori, la mort est rarement une partie de plaisir. Quelles qu’en soient les conditions, c’est le moment du lâcher prise. 

 

« Sois sage, ô ma douleur, et tiens toi plus tranquille.

Tu réclamais le Soir ; il descend, le voici. » (1)

 

A lundi

 

(1) Recueillement. Les Fleurs du mal. Charles Baudelaire

 



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Notre planète est toujours un peu plus attaquée par nos déchets. Tout ce que nous rejetons se retrouve dans l’air, la terre, l’eau. L’eau qui jaillit du robinet sera-t-elle demain définitivement impropre à la consommation ? Jusque là, on montrait du doigt, entre autres, les nitrates des engrais utilisés par les agriculteurs, les résidus des industries chimiques ou les phosphates de nos lessives. Désormais, nos drogues médicinales sont elles aussi sur la sellette.

 

Dans son numéro de mars 2008, Santé magazine dénonce la pollution de l’eau par les médicaments. Et là, nous sommes tous des pollueurs en puissance dès que nous avalons la moindre pilule… Moi la première qui, depuis une semaine, avale de l’ibuprofène 200 mg pour un syndrome grippal. Les médicaments sont éliminés par les urines et les selles qui sont ensuite traitées par les stations d’épuration qui rejettent une eau « épurée » vers les rivières…

 

Une eau « épurée » mais dans laquelle on détecte 26 agents pharmaceutiques appartenant à six classes thérapeutiques : antibiotiques, antiseptiques, antiépileptiques, anti-inflammatoires, bêtabloquants, normolipémiants (étude menée en Italie, Grèce, Suède, France) ! On ne connaît pas toutes les conséquences de cette pollution ! A titre d’exemple, Guy Hugnet, l’auteur de l’article cite toutefois la féminisation des poissons mâles de la Seine dans lesquelles on a retrouvé des hormones issues de la pilule contraceptive… « des faibles doses », est-il précisé mais quand même !

 

 

Etant donné la consommation de médicaments des français (2500 tonnes de paracétamol par an et autant d’antibiotiques), il y a de quoi s’inquiéter pour nos rivières… Depuis une vingtaine d’années, la réglementation a imposé des règles toujours plus strictes en matière de déchets : récupération des médicaments non utilisés par les pharmacies, récolte des aiguilles dans des collecteurs par les médecins et les infirmières, tri des déchets au sein des hôpitaux… On va bientôt demander à tout-un-chacun de pisser dans une bouteille à la moindre prescription médicale. Et la bouteille d’urine on en fera quoi ?

 

Certains le prédisent. Dans quelques décennies, l’eau deviendra le bien le plus convoité et pourrait même être l’enjeu de conflits mondiaux. Alors, il nous faudra un jour sérieusement prendre des mesures pour l’économiser et la protéger.

 

Rappelons des règles toutes simples, ne pas laisser couleur l’eau pendant le brossage des dents et le savonnage sous la douche, bannir les lessives contenant des phosphates, préférer les lavages cycle cour et, soyons fous, récupérer l’eau de pluie. Des réflexes à adopter (plus facile à dire qu’à faire, on est d’accord, surtout qu’il faut se convaincre soi-même puis toute la famille). Concernant, le chapitre prévention de la pollution, éviter l’usage d’engrais, de désherbants dans son jardin, limiter les produits d’entretien de la maison et donc ne pas consommer des antalgiques comme des chewing-gum.

 

Promis, ce soir, pas d’ibuprofène. D’abord, dixit mon homme, je ne suis pas à l’article de la mort (un fébricule à 38°C). Ensuite, c’est vous qui me le diriez à la pharmacie, sept jours d’ibuprofène, sans prescription, ça commence à faire beaucoup. Risque d’effets indésirables : gastrites, stomatite, bourdonnements d’oreille… et en cas de surdosage, problèmes rénaux, coma. OK, OK. Une tisane avec du miel et une bouillotte sur mon crâne. Et dodo.

 

A jeudi



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