La lettre d’une préparatrice, Nancy, reçue ce matin m’interpelle.
« Je suis diplômée depuis juillet (…). J’adore mon métier, écouter, conseiller, soutenir les clients, mais une chose me choque. Quand une personne vient à l’officine avec une petite plaie, ou une écorchure nous n’avons pas le droit de les panser… (…) Je n’ai rien de particulier contre la profession de médecin, mais qui va chez son médecin pour enlever une écharde du doigt, ou pour un genou écorché ? Moi, en tout cas, moi ça me gène de ne rien faire quand une petite fille arrive en pleurant car elle est tombée! »
Alors pharmaciens et préparateurs, quand une maman désemparée déboule en vous posant son bébé sur le comptoir ou lorsqu’un cycliste estival vient vous montrer sa main ensanglantée après s’être affalé sur la chaussée devant votre officine, vous faites quoi ?
Comme le souligne Nancy dans son message, votre âme de professionnel de santé vous chatouille vite et vous devez bien vous risquer à faire un pansement ou un bandage…
D’après l’alinéa 2 de l’article 223-6 du Code pénal, les officinaux, comme tous les citoyens sont tenus de porter secours à une personne en danger.
Mais quand la vie d’autrui n’est pas en péril, on ne pourra incriminer un pharmacien ou un préparateur qui refuserait d’effectuer de panser une plaie, de peur d’entraîner un dommage. Imaginez la plaie surinfectée, le bandage qui cache un traumatisme plus grave et le client pourtant si reconnaissant sur le moment qui vous intente un procès quelques semaines plus tard !
En cas de préjudices, les dommages et intérêts seront versés par la compagnie d’assurance de l’officine, le pharmacien titulaire étant à la fois responsable de ses actes et de ceux de ses employés…
Dans un autre registre, pour les anniversaires, dans l’une des écoles fréquentées par mes enfants, on nous avait donné la consigne : pas de gâteau maison ! Pas question pour l’école d’être responsable d’intoxication alimentaire. Au final, nos progénitures avalent, pour leurs anniversaires, des pâtisseries industrielles bourrées d’acides gras hydrogénés qui graissent leurs artères…
A force de vouloir garantir la sécurité, nous avons engendré une société qui, au moindre dommage, cherche un coupable et qui ne prend plus de risque…
Le bon sens nous reviendra. Vous, vous les soignez les genoux écorchés ?
A mardi.
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