« Maintien à domicile : les officinaux veulent leur part du gâteau ». Ce titre en couverture du numéro de septembre 2008 me vaut ce matin un fax d’un pharmacien.
« Bravo pour le titre, c’est d’une rare élégance ! Vous êtes sûr de travailler dans la même entreprise ? » suivi d’une signature et du tampon de la pharmacie. Ce message ironique m’incite à décrocher le téléphone pour avoir une petite conversation avec l’auteur.
M’enfin ! Je tiens à m’expliquer. Pour moi, revendiquer une part du gâteau est tout à fait légitime de la part des pharmaciens qui sont des professionnels de santé. Pourquoi laisser ce marché aux mains de sociétés dirigés par des commerciaux…
Et mon interlocuteur de me répondre : « Certes, je ne conteste pas le contenu de l’article mais les termes que vous employez insinuent que les pharmaciens lorgnent sur un intérêt économique… nous sommes déjà tellement montrés du doigt. Pourquoi en rajouter ? »
Monsieur, lui ai-je rétorqué, cela ne me choque pas que les pharmaciens gagnent de l’argent, ils font prospérer leurs boutiques et assurent des emplois… En revanche, sans doute, faut-il qu’ils changent de mentalité et, d’une manière générale, qu’ils considèrent les préparateurs en pharmacie comme des collaborateurs et qu’ils sachent les rémunérer en conséquence…
C’est d’une révolution culturelle dont nous avons besoin. Longtemps, les petites mains de l’officine n’ont pas eu de formation spécifique, d’identité propre. Aujourd’hui, il est temps que l’on dessine une pharmacie cohérente pour demain.
Soit, on décrète qu’il n’y a plus besoin de préparateurs et on embauche uniquement des pharmaciens adjoints. Pourquoi pas ? Soit, on donne une place réelle aux préparateurs (au passage, on leur reconnaît une fois pour toutes le droit à délivrer du médicament sans leur opposer le fameux contrôle effectif) et on accepte de les valoriser voire de les rémunérer en conséquence… Le pharmacien n’a pas contesté outre mesure…
Nous avons aussi parlé de la formation en CFA, du niveau des élèves et des réunions d’équipe organisées chaque semaine par mon interlocuteur… Finalement, notre conversation a pris une autre tournure… et nous nous sommes aperçus que nous partagions une certaine vision de la santé et de la pharmacie.
A vendredi. D’ici là, je me soigne.
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