Je suis l’amie de Claire expatriée au Mexique depuis quelques mois, pour le meilleur et pour le pire…
Qu’est-ce que j’en sais moi de la grippe porcine? Journaliste et pharmacienne de formation, la question que pose Claire dans son dernier post occupe naturellement une bonne partie de mes journées.
Pas grand chose en fait. Et pour cause, ce virus combinant le matériel génétique des souches porcines, aviaires et humaines serait d’un genre nouveau qui laisse perplexe les spécialistes eux-mêmes. Pas même son nom semble-t-il puisqu’il serait plus juste de l’appeler « nouvelle grippe » selon Bruxelles.
Et tant de choses pourtant… depuis que ma boîte mail regorge de recommandations de toutes part. Déformation professionnelle oblige, je traque les articles sur Internet, la presse mexicaine, française, les rapports de l’OMS, les communiqués de l’Ambassade… Il faut dire que nous ne manquons pas de temps ici, cloîtrés que nous sommes, par prudence, dans nos maisons.
Le virus se transmettrait d’homme à homme et présenterait ainsi tous les risques de pandémie, il serait tout autant dangereux chez les adultes jeunes que chez les enfants et personnes âgées, habituellement plus vulnérables à la grippe saisonnière, il ne pourrait être transmis par la viande cuite de porc ou de volaille, il aurait infecté des milliers de mexicains et déjà tué plus de 140 personnes…
Ah non, 140 c’est le chiffre de dimanche, mais ce matin l’OMS annonce « seulement » 7 décès pour lesquels la « nouvelle grippe » est assurément en cause. Cas probables ou authentifiés, décès suspects ou avérés, les termes se mélangent et les chiffres sont repris « à la sauce » de chaque média, infirmés ou confirmés d’heure en heure, dans une danse digne des meilleurs mariachis (groupe de musiciens mexicains).
Peut être j’ai perdu tout esprit de synthèse depuis quelques mois que je n’écris plus… Mais la déferlante médiatique autour du sujet me laisse perplexe.
Les chiffres sont difficilement compréhensibles (mes compagnons d’expatriation ont d’ores et déjà laissé tomber…) et semblent nourrir de jour en jour la psychose collective. Reste à attendre. Et à refouler nos angoisses, comme le font si bien les mexicains, fatalistes et souriants derrière leurs masques, parce que cette grippe porcine c’est juste un coup dur de plus. Dans un pays qui n’en manque pas…
Et vous où en êtes vous dans vos officines françaises ? Il paraît que Tamiflu est déjà en rupture de stock ? La monographie annonce une indication curative et préventive de la grippe et pourtant on nous dit ici que la prise préventive ne ferait que développer des résistances, que répondez-vous à vos patients ? Votre expérience m’intéresse.
D’ici là, moi je ne me soigne pas mais je sors masquée.
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