Ce soir, dans ma gare parisienne habituelle, je me suis arrêté devant le stand d’un vendeur de journaux à la criée. Alors que je parcourais les unes des quotidiens, il a engagé la conversation : « Quand même, six mois de prison pour des injures, c’est cher payé ! »
Du coup, j’ai prêté davantage attention au journal La Croix qui titrait « Football, le racisme en procès »… Et mon sang n’a fait qu’un tour. Je lui ai répondu : « Mais bien sûr que c’est normal et j’espère bien que le supporteur qui a proféré des injures racistes va être condamné… »
J’ai regardé le bonhomme qui a commencé à me raconter sa vie… Il n’avait au premier bord pas l’air méchant pour un sou et j’ai commencé à l’imaginer sur un stade vociférant des injures, imitant des cris de singes ou jetant des bananes.
Car, selon le sondage Ipsos-UPCF-Licra, 4% des Français avouent avoir déjà commis un acte raciste lors d’un match de football. La proportion atteint 10% chez les Français très intéressés par le sport.
Dans l’article de La Croix (www.lacroix.fr), le football professionnel anglais est cité en exemple car le renforcement des contrôles a permis l’éradication des manifestations xénophobes dans les stades.
Espérons que la France va suivre le même chemin. La loi du 5 juillet 2006 permet désormais de dissoudre par décret "toute association ou groupement soutenant une association sportive dont des membres auraient commis en réunion, à l’occasion d’une manifestation sportive, des actes répétés de violence sur des personnes, de dégradations de biens ou d’incitation à la haine ou à la discrimination.
Les sanctions prévues peuvent aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75000 euros d’amende.
Enfin, les instance dirigeantes du football commencent à considérer le phénomène. Sauf que dans le cas du joueur du club de Rossillon dans l’Ain, les instances départementales ont été laxistes.
C’était le 25 janvier. Des cris ont fusé du banc de touche « Ferme ta gueule sale nègre ». Maxence Cavalcante s’adressait Makam Traoré, d’origine sénégalaise, capitaine de l’équipe adverse. Ce dernier a porté plainte. Le procureur du tribunal de Belley a requis ce jour 6 mois de prison avec sursis, une mise à l’épreuve et 140 heures de travail d’intérêt général.
Je suis bien loin de la pharmacie, peut-être, mais la lutte contre le racisme ordinaire doit se faire partout.
A vendredi, d’ici là je me soigne.
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